pour soprano, flûte, clarinette, percussion, piano, violon, alto, violoncelle et contrebasse
The Sound Traveller commence presque dans le silence — un long souffle tenu qui passe entre la flûte, la clarinette et les cordes frottées, à peine au-dessus d’un murmure. De cette première immobilité, la pièce se met en route — non vers une destination, mais vers le son lui-même.
Composée pour le Hermes Ensemble et créée à AMUZ, Anvers, en mars 2020, l’œuvre imagine l’ensemble comme une sorte de vaisseau qui transporte le son à travers des seuils : entre air et hauteur, entre mémoire et présent, entre voix et instrument. La soprano arrive comme la voix du voyageur, fragmentant une seule ligne en syllabes — He · is · he · re · in · the · world — dispersées comme de la poussière sur un courant d’air. Autour d’elle, les instruments se comportent en paysage et en météo. Les archets passent du col legno à l’ordinario ; des multiphoniques s’élèvent et se dissolvent ; une pièce de monnaie gratte une corde de piano ; une brosse balaie une cymbale ; une baguette frappe un pupitre. Vers la fin, chaque interprète doit siffler une berceuse de sa propre enfance — apporter quelque chose de privé et d’irrécupérable dans l’air partagé de la salle.
« Je suis ici, dans ce monde, pour que le son voyage. » La phrase est celle d’un ami — le multi-instrumentiste Simon Sieger, à qui la pièce est dédiée — et le titre est à la fois description et vœu. The Sound Traveller demande ce que signifie être un lieu que le son peut traverser — un corps, une salle, un ensemble, un auditeur. La pièce bouge comme le souffle : elle rassemble, relâche, rassemble à nouveau. Rien n’arrive. Tout passe.