pour deux violons, alto, violoncelle et piano
Lemurian Race est un quintette avec piano de trois minutes — deux violons, alto, violoncelle et piano — créé par le Hezarfen Ensemble à Istanbul en avril 2017. C’est la première de mes pièces nommées d’après un peuple disparu, et le pendant de Hyperborean Race, écrit le même printemps.
La Lémurie est un continent qui n’a jamais existé : une hypothèse du XIXᵉ siècle inventée pour expliquer comment les lémuriens étaient passés de Madagascar à l’Inde, qui s’est ensuite échappée de la science vers la littérature occulte, où elle est devenue la patrie d’une race disparue, douce et télépathe. J’aimais l’idée d’une patrie proposée, crue, puis discrètement retirée. Le quintette a cette forme. Un choral calme, presque un hymne, aux cordes, est énoncé, cru, puis — en trois minutes — érodé par le piano, dont les clusters et les nappes de pédale recouvrent le pays jusqu’à ce qu’il ne reste du choral que son contour en harmoniques.
Une petite pièce sur la façon dont une histoire peut durer plus longtemps que le lieu qu’elle décrit.