pour saxophone ténor, danseuse, électronique en direct et vidéo en direct
Commande de la saxophoniste Adèle Vernet, La Réminiscence est une pièce de dix à quatorze minutes pour saxophone ténor, danseuse, électronique en direct et vidéo en direct, en cinq scènes et une coda : Suspension · Première reconnaissance · Distorsion · Accélération · Relâchement · Transmission.
Tout y est construit sur le souffle. La respiration de la saxophoniste — captée par un micro-pince sur l’instrument et par des micros de contact sur le tissu et le sol — est renvoyée dans la salle par l’électronique : en écho, à l’envers, légèrement désaccordée, élargie d’un point mono étroit à une pleine éclosion en quatre canaux puis refermée, si bien que l’interprète semble accompagnée d’une version antérieure d’elle-même. La danseuse se meut à l’intérieur de cette respiration en miroir, parfois une demi-phrase en retard, parfois en avance ; ses pas sur le sol sont captés et renvoyés en résonance. Dans la quatrième scène, un battement de cœur surgit dans le caisson de basses et accélère de 72 à 108 pulsations par minute en quatre-vingt-dix secondes avant d’être relâché. Une caméra projette les deux corps en direct, et le corps se dissout dans le grain de la vidéo — chaque geste étant une réminiscence du précédent.
Le titre désigne un souvenir qui revient sans être convoqué. La pièce parle de cette façon de se souvenir — non la remémoration mais la récurrence, le corps répétant ce que l’esprit a classé. Elle a été créée le 11 juin 2026 dans la salle 30 du Conservatoire de Strasbourg par Adèle Vernet et la danseuse-chorégraphe Flora Georges, dans une scénographie de la compositrice.